Substitution

Les produits de substitution sont des médicaments, obtenus uniquement sur ordonnance, qui font partie de la famille des opiacés (héroïne, opium, morphine..) et dont l’indication médicale est d’empêcher l’apparition des symptômes de manque (douleurs, nausées, vomissements, fièvre, crampes…) à l’arrêt de la consommation d’une drogue de cette famille (héroïne le plus souvent, médicament de la même famille détourné de son usage médical)

Ces médicaments ne sont pas indiqués dans le cas de consommation d’autres drogues (cannabis ou cocaïne par exemple, pour lesquelles il n’existe pas - encore - de traitements de substitution).

Les traitements de substitution s’adressent le plus souvent aux usagers d’héroïne qui n’envisagent pas un arrêt complet mais ne souhaitent plus consommer cette drogue pour différentes raisons (caractère illicite de la consommation qui peut mener en prison, coût, conditions de vie difficile dûes aux approvisionnements répétés en drogue, épisodes de manque, état de santé altéré..). Cette démarche s’inscrit souvent dans un projet de soins à long terme.

Quelles sont les modalités pratiques ?

En France, les deux traitements disponibles doivent être prescrits sur une ordonnance sécurisée où sont notées les coordonnées du patient, son âge, son adresse, voire l’adresse du pharmacien. Celui-ci n’a pas uniquement pour rôle de délivrer les médicaments, mais aussi de rassurer, de donner des conseils et de répondre aux questions que le patient se pose au sujet de son traitement. Il est donc conseillé de s’adresser toujours au même pharmacien, qui peut être choisi par le patient ou indiqué par le médecin.

Les conditions de prescription diffèrent entre les deux traitements :

  • la méthadone peut être obtenue, la première fois, auprès d’un médecin travaillant dans un centre spécialisé ou dans un hôpital, qui peut ensuite passer le relais à un médecin généraliste exerçant en ville. Il dispose de plusieurs modalités de suivi et de contrôle : le patient peut être contraint de venir tous les jours au centre boire son flacon de méthadone devant les soignants, de subir des dépistages de stupéfiants (s’ils sont positifs, le médecin peut décider d’interrompre le traitement)… La méthadone peut ensuite être prescrite pour 14 jours au maximum et sera délivrée pour 7 jours (sauf cas exceptionnel, départ à l’étranger par exemple).

La méthadone est disponible sous la forme de sirop ou de gélule de dosages variables. La forme sirop est la plus usitée et celle qui est prescrite en début de traitement. Lorsque le patient est sous traitement depuis au moins un an et stabilisé, il peut depuis le mois d’avril 2008, prendre sa méthadone sous la forme de gélule.

  • la buprénorphine haut-dosage (subutex® ou générique) peut être prescrite par tout médecin généraliste pour 28 jours au maximum avec des délivrances tous les 7 jours, sauf exception.

Elle se présente sous forme de comprimé de dosages variables pour être au plus près des besoins du patient.

Comment est-ce que ça marche ?

Le principe d’utilisation est de diminuer progressivement les doses jusqu’à un seuil minimum qui facilite l’abstinence. Le but est d’arrêter de façon durable, sans rechute ; il est donc important de se donner le temps de se déshabituer de l’héroïne et de réfléchir aux raisons de sa toxicomanie. L’efficacité du traitement repose en partie sur le respect de la prescription médicale (doses, voie d’absorption, rythme des prises).

Une aide psychologique (groupe de parole, soutien individuel, psychothérapie) et sociale (accompagnement dans les démarches, formation) peuvent également constituer un support et une protection pour reconstruire une vie stable sur les plans personnel, relationnel, affectif, professionnel…

Dans les faits, certains usagers prennent ces traitements pendant plusieurs années. Il n’existe pas de délai standard, mais celui nécessaire à chacun diffère selon les situations. Il faut noter que l’arrêt du traitement de substitution s’accompagne d’une période de sevrage qui peut être difficile et longue.

 

Nos partenaires

partenaire ars fondation de france ministère cohésion mildt pithiverais gien

... et les communes du Loiret