Objets numériques : Jeux vidéo, écrans en général

Les objets numériques que ce soit par le biais des jeux vidéo, des smartphones ou encore la télévision et autres écrans d'ordinateurs ou de tablettes sont de plus en plus présents dans notre environnement. Ils sont même décrits comme très addictifs alors que faire ? Est-ce une addiction ? Que faut-il savoir sur les jeux vidéo ? Pourquoi en avons-nous peur ? Comment repérer ? Comment prévenir ? Avec cet article, nous allons tenter de vous éclairer sur ces supports notamment les jeux vidéo.

Y'a-t-il ou non une addiction aux objets numériques ?

Cette une question qui divise les professionnels en addictologie quels qu’ils soient.

Certains pensent que OUI il y a addiction c'est d'ailleurs la position de l'Apléat. En effet, le Centre de Référencement du Jeu Excessif (CRJE) du CHU de Nantes, en se basant sur les critères communs à toutes les dépendances a proposé des symptômes évocateurs d’une utilisation addictive qui sont :

Temps passé à ces pratiques important. Au-delà d’une durée seuil qui ne peut être arbitrairement définie, il s’agit surtout d’un temps passé entravant les autres activités nécessaires à l’équilibre d’un individu. Soit :

  • Réduction des relations sociales, amicales et familiales (ex : Isolement au domicile)
  • Répercussions sur le travail scolaire ou professionnel
  • Répercussions sur l’équilibre alimentaire ou le sommeil

Souffrance psychique rattachée à l’utilisation des jeux (tristesse, anxiété, agressivité).

Incapacité de réduire les temps de jeu.

 

Source : www.crje.fr/accro_jeu_video.html

Partant de ces critères nous serions effectivement face à une addiction.

 

Cependant, d’autres pensent que NON, il n’y a pas d’addiction. Dans son rapport « L’enfant et les écrans » du 17 janvier 2013, l’académie des sciences précise dans son rapport qu’ « aucune étude ne permet d’affirmer qu’il s’agisse de dépendance ou d’addiction au sens qui est donné aujourd’hui à ces mots ».

Source : L’enfant et les écrans, un avis de l’Académie des sciences, p49.

Par ailleurs, l'académie de médecine a rendu un avis le 01 Mars 2012 sur cette question, est recommande de parler de pratiques excessives et non d'addiction aux jeux vidéo. Consulter l'avis de l'académie de médecine.

Comme vous pouvez le lire, la question est simple mais la réponse pas si évidente que cela. De ce fait, il est donc important de se préoccuper de ces publics qui peuvent être en difficulté et qui sont souvent qualifiés de « no-life », « NERD » ou encore « hikikomori ».

Enfin, pour Bruno Rocher, psychiatre au CRJE : la clé de la résolution de ce problème, tient dans la connaissance du jeu. C'est vrai pour les parents, qui sont alors mieux armés face à cette situation et peuvent en comprendre les causes, et pour les psychiatres qui pourront ainsi mieux comprendre et accompagner leurs patients.

Source : www.numerama.com/magazine/22577-l-addiction-aux-jeux-video-mythe-ou-realite.html

Voici donc dans ce qui suit quelques informations essentielles à savoir sur les jeux vidéo.

 

Que faut-il savoir sur les jeux vidéo ?

Souvent décriés, mis au pilori par la presse lors d’évènements dramatiques ou créateurs de peur chez des parents, les jeux vidéo présentent de nombreux aspects positifs souvent ignorés du grand public. Nous allons donc vous les présenter sans en faire une liste exhaustive :

Forme sociale de divertissement : comme les jeux de société, les jeux vidéo peuvent se jouer à plusieurs, de ce fait il y a des interactions qui se créent et permettent l’amusement.

Encourage la coopération : lorsque les jeux vidéo sont joués en équipe et ceci peu importe le type de jeu, il y a forcément le développement d’une stratégie pour que l’équipe adopte la meilleur attitude pour atteindre son objectif, cela permet donc de s’initier/développer la coopération.

Initient à la technologie : aujourd’hui les écrans sont présents presque partout, de ce fait, il est important de savoir s’en servir car le numérique est clairement l’avenir.

Meilleur estime de soi : quelle joie de pouvoir gagner, et ainsi d’avoir un renforcement positif dans notre vie.

Habilités scolaires : de nombreux jeux ne sont pas en français et cela nécessite donc de comprendre et écrire une autre langue comme l’anglais. Par ailleurs, pour jouer en réseau avec d’autres personnes à travers le monde, il faut parler anglais surtout pour développer la coopération.

Mais aussi : ils améliorent la coordination, mémoire, résolution de problèmes, réflexes…

 

Pourquoi avons-nous peur des jeux vidéo ?

Les réponses sont multiples et en voici une partie là aussi non exhaustive :

Monde inconnu : on craint ce que l’on ne connaît pas, les parents d’adolescents actuels n’ont pas ou très peu connu les jeux vidéo dans leur enfance/adolescence de ce fait l’inconnu fait peur. Nous pensons que la prochaine génération de parents d’adolescents sera plus sereine car elle berce dedans depuis l’enfance.

Jeux hors du monde : Comme les situations dans les jeux vidéo n’ont pour beaucoup aucun lien avec la réalité, cela dérogent à la fonction des jeux pour enfants à savoir les préparer au monde des adultes.

Jeux vidéo contre réussite scolaire : les parents font très souvent le distinguo entre l’école et le reste or les jeux vidéo ont un aspect positif pour l’école mais vite oublié par les parents.

Discours ambiant : les discours médiatiques accusateurs des journalistes souvent mal informés confortent les lecteurs/auditeurs/téléspectateur dans leurs craintes.

Rétro-Socialisation : la nouvelle génération à un savoir que la génération précédente n’a pas ce qui peut être anxiogène car pour une fois l’apprenant n’est plus l’enfant mais le parent.

 

La question de la violence

La violence présente dans les jeux vidéo aura un impact sur l’individu mais au même titre que celle présente aux journaux de 20H ou dans nos lectures, il ne faut pas l’oublier. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’on joue à un jeu violent que l’on aura une conduite violente qui nous poussera à tuer tout le monde.

Selon l’académie des sciences : « les images, selon ce qu’elles représentent, peuvent contribuer chez certains spectateurs et sous certaines conditions à inhiber les conduites d’entraide et de coopération dans les relations sociales…mais aussi à les augmenter. L’effort de prévention doit être précoce et associer la mise en garde des usagers, l’éducation aux valeurs d’entraide et de solidarité et la mise en place de programmes télévisuels et de jeux vidéo valorisant les activités pro sociales. »

Source : L’enfant et les écrans, un avis de l’Académie des sciences, p27.

 

Comment repérer ?

Ricardo TEJEIRO SALGUERO et Rosa BERSABE MORAN, deux psychologues espagnols ont conçu un questionnaire pour mesurer les problèmes liés à l'utilisation des jeux vidéo.
Basé sur les critères du DSM-IV pour le jeu pathologique et sur des études concernant les toxicomanies, ce questionnaire a été utilisé auprès de 223 adolescents espagnols âgés de 13 à 18 ans.

1) Lorsque je ne joue pas aux jeux vidéo, je continue à y penser (i.e. à me remémorer des parties, à planifier la prochaine partie, etc.).

2) Je passe de plus en plus de temps à jouer aux jeux vidéo.

3) J’ai essayé de contrôler, de diminuer ou d’arrêter de jouer, ou généralement je joue plus longtemps que je ne l’avais planifié.

4) Lorsque je ne peux pas jouer aux jeux vidéo, je deviens de mauvaise humeur, irritable.

5) Lorsque je ne me sens pas bien (nerveux, triste ou en colère), ou lorsque j’ai des problèmes, j’utilise plus souvent les jeux vidéo.

6) Lorsque je perds une partie, ou lorsque je n’atteins pas les résultats escomptés, j’ai besoin de jouer plus pour atteindre mon but.

7) Parfois, je cache aux autres, tels mes parents, mes amis, mes professeurs, que je joue aux jeux vidéo.

8) Afin de jouer aux jeux vidéo, je me suis absenté de l’école ou du travail, ou j’ai menti, ou j’ai volé, ou je me suis querellé ou battu avec quelqu’un.

9) À cause des jeux vidéo, j’ai négligé mes obligations professionnelles ou scolaires, ou j’ai sauté un repas, ou je me suis couché tard, ou j’ai passé moins de temps avec mes amis et ma famille.

Même si le nombre de critères permettant de qualifier l'existence d'une addiction n'est pas encore défini, il semble légitime de pouvoir prendre avis auprès d'un professionnel si le nombre de critères dépasse 4.

Source : www.crje.fr/test_dependance.html

 

Comment prévenir ?

Il existe différentes astuces pour réduire les risques liés aux jeux vidéo ou autres réseaux sociaux. Bien évidemment ces conseils seront d’autant plus efficaces qu’ils sont appliqués dès le plus jeune âge, il sera bien plus difficile de faire entendre des règles à un adolescent qu’à un enfant de 8 ans. Comme dit le dicton : « Jouez malin c’est jouez serein ! »

1/ N’interdisez pas l’accès aux jeux vidéo. Ces derniers sont partout, si ce n’est pas chez vous, il y jouera probablement chez un ami ou un autre membre de la famille.

2/ Intéressez-vous aux jeux. Posez des questions : « Qu’est ce qui te plaît ? », « Quel est le but ? »…bref montrez que vous vous questionnez sur ses pratiques.

3/ Interdisez un jeu qui vous paraît trop violent ou sexiste. Pour vous aider dans le choix du jeu, nous vous recommandons de respecter la signalétique PEGI. Plus de renseignements ici : www.pegi.info/fr/

4/ Etablissez un horaire. Définir des créneaux est essentiel pour donner du cadre à cette pratique. Ceci est valable pour n’importe quelle activité afin d’éviter les abus.

5/ Choisissez les jeux ensemble, là aussi un coup d’œil sur les informations PEGI et vous serez mieux avertis.

6/ Etablissez des règles claires en cas de non-respect des horaires. La sanction est essentielle, elle fait partie du cadre éducatif que vous donnez et qui doit être respecté au sein de la cellule familiale.

7/ Rappelez lui qu’il a autre chose à faire. Il n’y a pas que les jeux vidéo dans la vie, il peut aussi sortir avec ses amis ou aller faire du sport par exemple.

8/ Donnez la priorité aux études. Les jeux vidéo c’est bien, mais réussir ses études c’est mieux, surtout qu’il y a aussi du travail dans le jeu vidéo mais cela nécessite quand même des diplômes.

9/ Observez son attitude. Si vous remarquez qu’il a tendance à s’isoler, que son hygiène se dégrade, que les résultats scolaires chutent il ne faut pas hésiter à lui rappeler. Dites-lui que vous êtes inquiets pour lui, que cela ne lui correspond pas…dialoguez ! Si besoin n’hésitez pas à demander de l’aide en nous contactant.

10/ Endroit de passage. Arrêtez avec les écrans dans les chambres. Il faut que les écrans soient dans des lieux de passage de manière à ce que vous puissiez toujours avoir un œil dessus. Aussi cela lui évitera de les utiliser jusqu’à très tard dans la nuit.

11/ Enfin probablement la plus importante pour une agréable ambiance familiale : jouez avec lui. Même si cela ne vous enchante guère, vous pourrez partager et apprendre pleins de choses sur votre enfant par cette pratique que vous n’auriez probablement pas vu si vous ne l’aviez pas fait.

 

Enfin, Serge Tisseron, psychiatre co-auteur de « L’enfant et les écrans, un avis de l’académie des sciences » préconise la règle « 3-6-9-12 » qui se défini ainsi :

1. Pas d’écran avant 3 ans, ou tout au moins les éviter le plus possible
Parce que de nombreux travaux montrent que l’enfant de moins de trois ans ne gagne rien à la fréquentation des écrans (1).

2. Pas de console de jeu portable avant 6 ans
Aussitôt que les jeux numériques sont introduits dans la vie de l’enfant, ils accaparent toute son attention, et cela se fait évidemment aux dépens de ses autres activités. En outre, avant que l’enfant ne sache lire, les seuls jeux possibles sont sensori moteurs et basés sur la stéréotypie motrice (2).

3. Pas d’Internet avant 9 ans, et Internet accompagné jusqu’à l’entrée en collège
L'accompagnement des parents sur Internet n’est pas seulement destiné à éviter que l'enfant y soit confronté à des images difficilement supportables. Il doit lui permettre d'intégrer trois règles essentielles : tout ce que l'on y met peut tomber dans le domaine public, tout ce que l'on y met y restera éternellement, et tout ce que l'on y trouve est sujet à caution parce qu’il est impossible de savoir si c’est vrai ou si c'est faux.

4. Internet seul à partir de 12 ans, avec prudence
Là encore, un accompagnement des parents est nécessaire. Il faut définir avec l’enfant des règles d'usage, convenir d'horaires prédéfinis de navigation, mettre en place un contrôle parental...

5. Une règle nécessaire, mais pas suffisante
Enfin, si la règle « 3-6-9-12 » est nécessaire, elle n’est pas suffisante à elle seule. Cadrer le temps d’écran, et cela à tout âge, est essentiel. Entre 3 et 5 ans notamment, les enfants n'ont rien à gagner à passer plus d’une heure par jour devant un écran. Par ailleurs, ils doivent bénéficier d’une éducation qui leur permette de comprendre les conditions de production des divers médias et leurs modèles économiques. C’est le rôle de l’institution scolaire de les leur donner. Les écrans doivent être encadrés dès l’enfance et l’enfant éduqué aux médias. La règle « 3-6-9-12 » est une pièce majeure de ce dispositif, mais une pièce seulement.

Source : www.squiggle.be/serge-tisseron/la-règle-«-3-6-9-12-»-relayée-par-l’association-française-de-pédiatrie-ambulatoire-af

 

Vous êtes enfin arrivés au bout de cet article et nous espérons que vous avez trouvé des réponses à vos questions. Si toutefois ce n’était pas le cas, n’hésitez pas à nous contacter afin que nous y répondions.

 

 

Pour aller plus loin :

Site de Serge Tisseron www.sergetisseron.com

Blog de Vanessa Lalo, psychologue du numérique : vanessalalo.com

Site de Yann Leroux, psychologue : www.psyetgeek.com

Centre de Référencement du Jeu Excessif : www.crje.fr

Réseau de soignants de Marmottan : www.hopital-marmottan.fr/laguilde/

Bibliographie de ce réseau : www.hopital-marmottan.fr/laguilde/bibliographie.htm

Rapport de l'académie des sciences : L'enfant et les écrans

 

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