Substances et performance à l’adolescence Résultats de l’enquête ESPAD 2015

Note 2018-02, OFDT, 9 p.
Mai 2018

Cette note analyse les réponses des lycéens interrogés en 2015 lors de l’enquête European School Project on Alcohol and other Drugs (ESPAD) à propos de pratiques destinées à améliorer leurs performances à l’occasion d’activités sportives mais aussi dans le contexte de la préparation des examens.

L’utilisation de substances afin d’améliorer les performances sportives concerne un lycéen sur quinze (7 %). Le dopage sportif stricto sensu, soit l’utilisation de substances prescrites ou illicites, est bien moindre et ne concerne qu’un lycéen sur cinquante (2 %). Dans ces deux cas, il s’agit de comportements masculins, alors que le recours, plus fréquent, à des substances afin de lutter contre stress et la fatigue s’avère être une conduite plus féminine. Enfin, un lycéen sur six (16 %) déclare avoir pris au cours des 12 derniers mois un produit dans le cadre de la préparation d’un examen. Cette pratique est plus souvent déclarée par les filles.

Auteurs : Stanislas Spilka, Éric Janssen

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Cannabidiol (CBD) le point sur la législation

 
De nombreux produits présentés comme contenant du CBD sont récemment apparus sur le marché français. La MILDECA a piloté un groupe de travail interministériel afin de rendre publiques des informations juridiques et techniques validées par toutes les autorités concernées.

Le cannabidiol (CBD) fait partie des composés actifs majeurs du cannabis, autrement appelé chanvre, au même titre que le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC). Les tétrahydrocannabinols sont des substances inscrites sur la liste des stupéfiants3. Leur utilisation est donc strictement encadrée.

De nombreux produits présentés comme contenant du CBD sont récemment apparus sur le marché français. Il s’agit essentiellement d’e-liquides pour cigarettes électroniques, de produits cosmétiques ou de gélules.
C’est pourquoi, les autorités sanitaires souhaitent apporter une clarification sur la réglementation applicable à ces produits.

La réglementation française prévoit que toutes les opérations concernant le cannabis sont interdites, notamment sa production, sa détention et son emploi1. Dès lors, tout produit contenant du cannabidiol extrait de la plante de cannabis est interdit sauf s’il entre dans le cadre de la dérogation ci-après mentionnée.

Cette dérogation à ce principe d’interdiction existe afin de permettre  l’utilisation du chanvre à des fins industrielles et commerciales, notamment dans l’industrie textile, automobile, dans les marchés du bâtiment, de la papeterie, de l’oisellerie et de la pêche, des cosmétiques, de l’alimentation humaine, en jardinerie.

Ainsi, certaines variétés de cannabis ou de chanvre, dépourvues de propriétés stupéfiantes, peuvent être utilisées à des fins industrielles et commerciales sous trois conditions cumulatives :

  • les variétés de chanvre autorisées figurent sur une liste2 ;
  • seules les graines et les fibres peuvent être utilisées. L’utilisation des fleurs est quant à elle interdite ;
  • la plante doit avoir une teneur inférieure à 0,2% en THC.

Le taux de 0.2 % de THC n’est pas un seuil de présence de THC dans le produit fini mais dans la plante elle-même. Or, des contrôles réalisés dans certains produits présentés comme contenant du CBD ont révélé la présence de THC.

La présence de THC dans les produits finis, quel que soit son taux, est interdite.

 

Les produits, et notamment les e-liquides  à base de CBD sont donc interdits s’ils contiennent du THC quel que soit le taux et s’ils ne sont pas obtenus à partir de variétés et de partie de plantes autorisées.

Par ailleurs, il est rappelé qu’en France, les seuls produits contenant des tétrahydrocannabinols et du CBD pouvant revendiquer des allégations thérapeutiques sont les médicaments autorisés par l’ANSM ou la Commission européenne sur la base d’un dossier évalué selon des critères scientifiques de qualité, sécurité et efficacité. Le non-respect de cette réglementation est passible de sanctions pénales.

Enfin, certaines publicités en faveur de produits contenant du CBD entretiennent une confusion entre le cannabis et le CBD et font ainsi la promotion du cannabis. Cette pratique est susceptible de constituer l’infraction pénale de provocation à l’usage de stupéfiant.

Ce qu’il faut retenir :
•  Les variétés de chanvre autorisées à des fins industrielles et commerciales sont réglementées et inscrites dans le Code de la santé publique ;
•  L’utilisation et la commercialisation de fleurs ou feuilles de chanvre, ou de produits obtenus à partir de ces parties de la plante, ne sont pas autorisées, quelle que soit la variété ;
•  Les e-liquides et autre produits à base de CBD sont  interdits s’ils contiennent du THC quel que soit la quantité et s’ils ne sont pas obtenus à partir de variétés et de partie de plantes autorisées;
•  Aucune vertu thérapeutique ne peut être revendiquée notamment par les fabricants, vendeurs de produits contenant du CBD.
•  Toutes les publicités portant allégations de vertus thérapeutiques sont interdites (à l’exception des médicaments bénéficiant d’une AMM).

1 Article R. 5132-86 I -1°du code de la santé publique (CSP)
2 Arrêté modifié du 22 août 1990 portant application de l’article R. 5132-86 du CSP
3 Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants

 

Parution du rapport européen sur les drogues 2018

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) a rendu public ce 7 juin 2018 son rapport européen sur les drogues 2018, lors d’une conférence de presse à la commission européenne à Bruxelles.

Le Rapport européen sur les drogues 2018: tendances et évolutions fournit une analyse exhaustive des caractéristiques qui se dégagent dans les 28 États membres de l’Union européenne, en Turquie et en Norvège. Disponible en 24 langues, sous format papier et PDF, ce rapport examine l’offre et le marché des drogues illicites, les données de consommation et leurs évolutions, ainsi que les problèmes de santé qui en résultent et les réponses apportées. Le Bulletin statistique 2018 (Statistical Bulletin 2018) qui accompagne le rapport reprend l’ensemble des données européennes sur lesquelles se fonde l’analyse.

Le rapport sera complété par un Panorama national des drogues (Country Drug Reports) pour chaque pays (UE-28, Turquie et Norvège).

Élaborés par l’EMCDDA avec le concours des points focaux nationaux Reitox (dont l’OFDT), ces 30 panoramas en ligne rendent compte de l’usage de drogue et des problèmes de santé publique connexes, des politiques en matière de drogue et des réponses apportées, ainsi que l’offre de drogues illicites.

Quelles sont les dernières tendances du marché des drogues et quels en sont les moteurs? Quelles drogues sont les plus préoccupantes à l’heure actuelle? Quelles sont les dernières évolutions en matière de prévention, de traitement et de politiques de lutte antidrogue?
 
source : https://www.federationaddiction.fr/36076-2/

Enquête sur les addictions chez les jeunes (18-24 ans)

Paris, le 8 juin 2018 – Le Fonds Actions Addictions, la Fondation pour l’innovation politique et la Fondation Gabriel Péri ont confié à IPSOS la réalisation d’une enquête* portant sur la perception des addictions chez les jeunes et sur l’acceptabilité des différentes mesures de prévention et de soin. L’analyse s’est centrée sur les niveaux de consommation, l’appréhension par les parents des consommations des jeunes, le taux d’accessibilité aux produits, le niveau de connaissance des risques par les jeunes. Elle traite également de la perception plus ou moins positive de certaines mesures de prévention et de soins.

L’enquête fait tout d’abord ressortir des niveaux de consommation inquiétants chez les jeunes en ce qui concerne tous les produits, licites ou illicites. On voit par exemple que 9% des jeunes français fument du cannabis au moins 1 fois par mois, ce taux montant à 25% pour la région parisienne. Les données pour les drogues type Cocaïne, Ecstasy, GHB sont aussi édifiantes pour des produits autrefois moins prisés des jeunes : 340 000 jeunes de 14-17 ans en ont déjà consommé et 255 500 parmi les 18-24 en consommeraient toutes les semaines. Les addictions comportementales ne sont pas en reste avec 25% des 18-22 ans passant plus de 5 heures par jour sur les réseaux sociaux et 16% affirmant passer 5 heures par jour à jouer aux jeux-vidéos. Plus inquiétante encore est la fréquence consommation de pornographie avec 9% de jeunes utilisateurs quotidiens.

On peut estimer que ces chiffres sont en partie dus à la facilité d’accès des mineurs aux produits censés leur être prohibés ; les chiffres le prouvent avec 80% des buralistes acceptant de vendre des cigarettes aux mineurs ; 92% des jeunes estiment qu’il est facile d’accéder à la pornographie, 69% pour le cannabis 65% pour l’alcool et 46% pour la cocaïne ou la MDMA.

L’inquiétude des parents est-elle proportionnelle à ces données très alarmantes ? Rien n’est moins sûr. La consommation en alcool et en tabac est en effet très sous-estimée par les parents avec seulement 10% d’entre-deux qui pensent que leur enfant boit au moins une fois par semaine… alors que la proportion réelle est plutôt estimée à 30% ; elle est de 15 % contre 24 % pour le tabac.

Point important : l’étude a démontré que, chez les jeunes, la perception du danger était clairement présente ; ces derniers sont bien conscients des risques de dépendances, maladies, accidents, échecs scolaires, troubles psychiques qu’entraîne une consommation régulière de produits.

Cette enquête montre que les campagnes de prévention ne sont pas suffisantes pour protéger les jeunes contre les conduites addictives. Des actions de contrôle de l’accès aux produits et aux comportements dangereux sont nécessaires et approuvées. Parmi les mesures plébiscitées par les sondés ont peut citer :

  • L’interdiction de la publicité pour l’alcool
  • L’interdiction du tabac dans tous les lieux publics
  • L’aggravation des peines pour les trafiquants de drogues
  • La systématisation des amendes pour les consommateurs
  • L’aggravation des peines pour ceux qui ne respectent pas l’interdiction de vente d’alcool, de tabac ou de jeux d’argent aux mineurs
  • Le remboursement des traitements contre les addictions (ceci met en évidence que le public fait la différence entre les consommations volontaires et les maladies addictives)

L’augmentation des prix reste toutefois une mesure moins populaire pour les français interrogés, malgré son efficacité prouvée.

On peut donc tirer plusieurs enseignements de ces données :

Les jeunes consomment de plus en plus, et de plus en plus jeunes, mais ils sont bel et bien conscients que ces consommations impliquent des dangers pour leur santé physique et pour leur développement. Les parents, à contrario, semblent mal évaluer l’importance du problème, notamment pour les addictions liées aux nouveaux usages numériques et aux drogues licites. Ces hausses de consommation chez les jeunes renforcent le besoin d’une meilleure prévention/prise en charge avec la volonté exprimée de mettre en place des réformes concrètes (remboursement de traitements, interdiction de vente aux mineurs…) pour en réduire les dommages.

Vous retrouverez l’intégralité de cette enquête sur les sites :

http://www.fondapol.org/   http://www.gabrielperi.fr/

*Enquête réalisée entre le 30 Mars et le 5 Avril 2018. L’échantillon se décomposé en 3 parties : 2005 individus âgés de 18 ans et plus, 1000 jeunes de 14 à 24 ans et 402 parents d’enfant de 14 à 24 ans

Parution de l’instruction ministérielle 2018 relative aux établissements et services médicosociaux

L’instruction ministérielle du 17 mai 2018 relative à la campagne budgétaire pour l’année 2018 des établissements et services médicosociaux accueillant des personnes confrontées à des difficultés spécifiques vient d’être publiée. Elle concerne les ACT, les LHSS, les CAARUD, les CSAPA, les LAM, et le dispositif « Un chez soi d’abord ».

Le montant de l’enveloppe de l’année 2018 s’élève à 619,93 M€, soit un taux de progression de +6,47 % par rapport à 2017.

Le montant de mesures nouvelles disponibles en 2018 est de 5,45 M€.
Les mesures de reconduction, les extensions en année pleine et les dépenses inéluctables en 2018

Le montant des enveloppes consacrées à l’extension en année pleine des mesures nouvelles de 2017 s’élève à 26,43 M€ dont :

le financement de salles de consommation à moindre risque (SCMR) sur 11 mois, soit 1,99 M€
le renforcement de l’offre médico-sociale en CSAPA et CAARUD dont matériel de réduction des risques (RDR) pour 8 mois, soit 1,28 M€
la mise à disposition de tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) VHC en CAARUD et VIH en CSAPA pour 8 mois, soit 0,18 M€
le déploiement de programmes de Réduction des risques et des dommages (RDRD) à distance pour 8 mois, soit 0,17 M€
le renforcement des Consultations Jeunes Consommateurs (CJC) sur 8 mois, soit 1,36 M€
la mise à disposition de la naloxone sur 8 mois, soit 0,27 M€

Par ailleurs, dans le cadre d’un contentieux relatif à la rémunération des médecins spécialistes de l’ANPAA, 419 031 € de crédits sont délégués pour l’année 2018.
Les mesures nouvelles en 2018

Le montant des mesures nouvelles 2018 pour les structures d’addictologie est fixé à 1M€ sur une enveloppe totale de 4,65 M€.

Financement des salles de consommation à moindre risque : 0,15 M€ sur 6 mois
Programme de réduction des risques et des dommages à distance : 0,10 M€ sur 12 mois
Renforcement des consultations jeunes consommateurs (CJC) : 0,50 M€ sur 6 mois
Mise à disposition de naloxone : 0,25 M€ sur 6 mois

Par ailleurs, au titre de la coordination du dispositif « Un chez soi d’abord », il est prévu une enveloppe 2018 de 0,98 M€.